Chacun est le premier créateur de son environnement au travail

L’équipe du blog “bouge ta boite” a réussi à s’infiltrer dans un bureau Parisien, hier soir, et voici ce qu’elle a découvert:


M. Jaouen, votre prof d’histoire de 5e, consultant en management

Et si l’on se décentrait ? Si l’on faisait autre chose que du développement personnel, que du bien-être en entreprise, que de la lutte contre le stress ? Si l’on faisait de l’histoire…

A quoi peut bien servir l’histoire en entreprise ? Trois idées pour vous convaincre

1) Prendre conscience de l’historicité de choses : rien n’a toujours existé. Tout est passé par plusieurs phases : la non existence, la naissance, la vie. Si rien n’est éternel, alors pourquoi ne pas avoir de nouvelles idées, changer les organisations, les produits, les fonctionnements. L’histoire relativise l’existant, le rang chamboulable. Faire de l’histoire peut rimer avec créativité. Oubliez donc Alain Decaux ou M Jaouen, votre prof de 5e qui ressemblait aux sarcophages dont il vous parlait

2) Faire de l’histoire, c’est aussi comprendre la genèse des choses, les raisons qui ont présidé à telle ou telle organisation, les légitimités du réel en somme. Pourquoi l’entreprise fonctionne comme ça aujourd’hui ? Pourquoi utilise-t-elle ce système d’information ? Pourquoi la direction de la communication est-elle rattachée à la DRH ? Une fois que l’on a déterré les fondements du monde qui nous entoure, on peut mieux les interroger, savoir si’l est bon de les changer ou si finalement ils sont encore valables pour aujourd’hui. Faire de l’histoire c’est construire l’avenir de façon durable et raisonnée. L’image de M. Jaouen vous revient. Chassez là une bonne fois pour toute.

3) Faire de l’histoire c’est être moins seul et reconnaître que dans ce que nous sommes en tant que personne, équipe, entreprise, il y a un peu de l’autre. Le mythe du chevalier solitaire qui met pour la première fois le pied sur une terre inconnue est largement mis à mal par un petit détour pas les mémoires des anciens ou par les archives de l’entreprise. Beaucoup de brillantes choses ont déjà été réalisées avant vous.

Prenez donc votre téléphone, appelez les deux personnes qui occupaient votre poste avant vous et proposez-leur un déjeuner. Vous voyez l’histoire c’est tout simple. M. Jaouen a déjà dû vous le dire.

une fresque sur l’histoire d’un service réalisée par des collaborateurs


Le malaise du cinéphile

Dimanche 11h00 – Je m’appelle Claude, J’ai 24 ans, je sors d’une grande école d’ingénieur, et je passe mon dernier jour en tant qu’étudiant. Demain je commence mon nouveau job…mon premier. J’intègre une multinationale dans le secteur bancaire, je suis plein d’enthousiasme mais un peu stressé. Pour me détendre, je décide de regarder la télé. Je tombe sur le Tour de France. Les images sont superbes, les caméras sont partout, sur des autos/motos/Hélicos, je suis dans la course, je suis Lance Armstrong, je pédale, je vibre c’est génial.

19h00, après une course effrénée, je décide d’aller voir un film au ciné : Harry Potter ? Pourquoi pas…Les images sont superbes, les effets spéciaux sont grandioses, la musique me transporte, je suis sur un balai, je vole, je suis Harry Potter, je vibre, c’est génial !

Le lendemain matin, je suis bien, je suis détendu, je vais travailler ! L’intégration commence par l’incontournable, l’inévitable film de présentation de ma nouvelle entreprise…les images sont poussiéreuses, les textes sont ringards, la musique peut convenir (si l’on est fan de synthétiseur). C’est glauque, je déchante. A quand Spielberg dans ma boite???

Voici un extrait de film. Avec un peu de malchance, vous êtes tombé dessus dans le cadre d’une formation sur la gestion des conflits…  


La chiasse de l’actionnaire

La course à la rentabilité, les restructurations des entreprises, les plans sociaux, les coupes budgétaires…. Et si le responsable, c’était vous, nous, tous. Un ouvrier souscrivant à un régime de retraite complémentaire, avec l’espérance d’un rendement maximal, auprès d’un organisme qui place son argent dans un fond de pension qui lui-même envoie un représentant siégé au Conseil d’Administration des entreprises dans lesquelles elle investit n’a-t-il pas un rôle dans  les « mécanismes inhumains du capitalisme ». Au moins celui de ne pas chercher à comprendre. Alors faites comme ce « petit » actionnaire, cherchez à savoir, à comprendre les conséquences de vos placements, et même s’il le faut élever la voix.

 

 


Petite bibliographie alternative pour managers d’entreprise

Peut-être en avez-vous comme moi marre quand on vous conseille un livre sur l’entreprise de vous voir infliger une compilation de bullet points sans style ni poésie. Alors voici quelques pistes pour oser une alternative.

Comme belle leçon de management, offrez-vous le making off du superbe Molière d’Ariane Mnouchkine. Vous y découvrirez toute la mécanique de la créativité collective et vous vous prendrez sans doute en pleine certitudes managériales le fameux appel de Mnouchkine à Caubère “Molière, Philippe, c’est toi !”.

Comment induire de la créativité dans votre équipe ? Risquez l’Espace vide de Peter Brooke et plongez vous dans l’univers abrasif du vide et de la liberté créative totale.

Des pistes pour rendre votre équipe plus cohérente ? Rouvrez Economie et Société de Max Weber ou encore Du Contrat social de Rousseau. Vous redécouvrirez les raisons mêmes de l’existence d’une équipe.

Enfin pour ne pas me montrer totalement fâché avec les sciences de gestion, je vous concèderai le superbe L’Innovation ordinaire de Norbert Alter qui démontre que littérature économique peut rimer avec humour et style. C’est une belle leçon de conduite du changement et de déploiement de l’innovation, qui s’autorise en plus la causticité.

So long the Harvard Business Review !


La course du communicant

Il est 6 heures. Je me lève, je n’ai pas super bien dormi et pourtant je me sens serein : je me suis bien préparé. Il est 5h45. Je n’ai pas mon compte d’heures de sommeil et pourtant ça ne m’affole pas, je sais que c’est normal, j’ai l’habitude. Sous ma douche je fais des vocalises, j’ai appris à aimer ma voix, et je sais que je pourrai compter sur elle tout à l’heure. Je m’étire, je sens mes muscles se réveiller, je les sais en pleine forme : je cours depuis toujours et m’entraine pour cette épreuve d’aujourd’hui depuis 3 mois. Je prends mon petit déjeuner, le même que les autres jours et pourtant j’ai l’impression que le pain est meilleur, la confiture plus gouteuse. Le petit déjeuner : surtout ne pas changer ses habitudes, juste une dernière ration de sucres lents, dans le calme du petit matin.  J’enfile mon costume : il est prêt depuis la veille, sur son cintre, j’ai le sentiment d’être un toréador : le trac est là, mais l’envie aussi. Mes fiches, mon ordi, tout est prêt. Mes affaires de courses m’attendent : j’ajuste mes chaussettes, mes lacets, mon dossard, il est hors de question qu’un souci de logistique me ralentisse ! Ma gourde, mes gels énergétiques. Je m’y rends en métro, ce sera plus sûr : inutile de subir un quelconque stress supplémentaire. J’y vais en scooter, ce sera plus simple pour se garer : nous sommes 40 000 à prendre le départ et je n’ai pas l’intention de stresser pour ça. Je suis dans les loges, près de la scène. On vient m’annoncer que cette convention, que je dois animer, va démarrer dans 20 minutes : je m’échauffe (et je ne suis pas le seul : le DG, et son DRH font de même !), grimaces, exercices d’articulation, vocalises encore, respiration… J’ai confiance, je me sens prêt : je m’entraine régulièrement et j’ai parfaitement répété ces dernières semaines. Je suis dans mon sas de départ. Je me suis échauffé en faisant quelques lignes droites. Là maintenant je sautille sur place et respire profondément (et je ne suis pas le seul !). J’ai confiance : je me suis préparé aussi bien en foncier qu’en fractionné ces dernières semaines. Le régisseur de plateau vient me demander si je suis prêt, on va y aller dans quelques secondes. On nous annonce « départ dans 5 minutes ». Le trac monte, que c’est bon ! Les spectateurs sont en place, ils sont 1300. Je vais entrer en scène. Mon cœur s’accélère, j’ai l’impression de ne plus savoir mon introduction, et j’aime ça ! Le départ est donné : surtout rester calme, continuer à respirer profondément, trouver mon rythme de croisière. J’entre en scène : surtout respirer, ne pas parler trop vite. Faire ce que j’ai fait en répétition. Je retrouve mes sensations, celles que j’avais lors de mes entrainements. Je prends du plaisir. Ca y est, je sens que je gère mon trac. Le plaisir remplace peu à peu le stress.

Voila, 1h40 que je cours. Je me sens faiblir un peu, je ne panique pas, je sais que ça peut arriver : le « jus » va revenir. Voila près de 2 heures que j’anime cette convention. J’ai bien « accroché » quelques mots, eu quelques hésitations, mais dans l’ensemble ça se passe bien. Je me remercie de m’être bien préparé. Je cours, depuis 3h10, c’est dur mais c’est toujours du plaisir : je suis fier de moi, je sais que je serai à l’arrivée, les gens sur le bord du trottoir m’encouragent. Je suis dans la partie interactive de cette animation et les spectateurs semblent apprécier mon envie de jouer avec eux : ils sourient, m’applaudissent… Je passe la banderole d’arrivée, je suis heureux, fatigué mais heureux. Les spectateurs m’applaudissent et pourtant je n’en connais aucun mais je savoure ces signes d’admiration… Je viens de conclure : les participants à cette convention applaudissent. Je réalise que je suis fatigué. Je retrouve un copain au massage, par hasard : on échange, et il me demande si je veux faire avec lui, le prochain marathon Nice Cannes : je dis oui, bien sûr ! Le DG vient me féliciter et me demande si je pourrai animer la prochaine convention pour leur force de vente : je dis oui, bien sûr !

 

Quand Symbiosis vous disait que « prendre la parole en public, c’est un sport ! ».

Et si on créait le marathon des orateurs….


Percevoir la beauté

Le musicien de rue était debout dans l’entrée de la station « Enfant plaza» du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. 

 

Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l’Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et à nouveau, du Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail. Après trois minutes, un homme d’âge mûr a remarqué qu’un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s’est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l’argent dans son petit pot. Peu après, un quidam s’est appuyé sur le mur d’en face pour l’écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard. Celui qui a marqué le plus d’attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l’a tiré, pressé mais l’enfant s’est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l’a secoué et agrippé brutalement afin que l’enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s’est répétée plusieurs fois avec d’autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.

 

Durant les trois quarts d’heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l’écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l’argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Personne ne l’a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n’a applaudi. Sur plus de mille passants, seule une personne l’a reconnu. Ce violoniste était Joshua Bell, actuellement un des meilleurs musiciens de la planète. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius valant 3,5 millions de dollars. Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation future au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100

dollars la place.

 

L’expérience a été organisée par le «Washington Post » dans le cadre d’une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d’action des gens. Les questions étaient :

- Dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ?

- Nous arrêtons-nous pour l’apprécier ?

- Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ?

 

Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être :

si nous n’avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde, jouant pour nous gratuitement quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, avec un violon Stradivarius valant 3,5 millions de dollars, à côté de combien d’autres choses passons-nous ?

 

 


Bon voyage!

QUESTION : Quel est le point commun entre un vendeur de guichet SNCF, un agent d’escale SNCF et un contrôleur TGV (…toujours SNCF) ?

Ils travaillent tous à la SNCF ? Oui, bravo, mais encore…

REPONSE : Ils sont tous en contact direct avec les voyageurs (les clients, pour employer le terme exact). Si vous vouliez avoir le point bonus, il fallait aussi répondre : ces 3 métiers, regroupant plus de 20000 personnes suivront tous d’ici 2012 la même formation. L’objectif : être plus à l’aise dans la relation avec les clients et dans son métier en général.  

Des groupes de 20 personnes se retrouvent ainsi autour de deux formateurs : l’un interne à la SNCF et l’autre issu du monde du théâtre. C’est dans ce cadre qu’interviennent les formateurs-comédiens de Symbiosis Consultants.

Pendant deux jours, ils parcourent avec les agents 7 temps forts liés à la relation clients (oser aller vers ; gérer ses priorités et annoncer son choix ; savoir rechercher les besoins du client…). Le principe est simple : pour illustrer chaque temps fort, le formateur-comédien propose de vivre une situation professionnelle décalée. Ainsi, les agents SNCF se transforment pour un temps en hôtesse d’accueil d’un supermarché, en client d’un hôtel de luxe, en voyageurs étrangers…

Par ce côté décalé, ludique, chacun est invité à prendre du recul sur soi-même, sur son métier pour ainsi être plus à l’aise dans sa vie professionnelle, plus à l’aise dans sa relation aux autres.


Avis de tempête sur les conventions d’entreprise

Ils descendent de scène. Ils sont heureux. Le public a ri. En 14 sketches joués devant 800 collaborateurs d’Orange, ils sont parvenus à illustrer les valeurs de l’entreprise, à les incarner. Avec beaucoup d’humour, de l’esprit critique aussi et une envie de s’amuser et de transmettre. Des acteurs professionnels en entreprise ? Non des collaborateurs qui ont répété et répété et encore répété avec l’aide d’un metteur en scène.

Alors si vous pensiez que des thèmes comme “le manque d’engagement du management”, “la jargonite”, “la peur du changement” sont  impossibles à aborder, si vous pensiez qu’une convention n’est qu’une enfilade de discours politiquement corrects, alors ouvrez grand vos portes au théâtre. Et au théâtre joué par vos collaborateurs.

Mais attention, vous pourriez ne plus pouvoir vous en passer.


Fédérez le monde…et faites le bouger !

Vous cherchez des idées pour impliquer vos collaborateurs, les fédérer autour d’un projet ? Voici la proposition de Matt :